reflexions salteñas...

Publié le par maud

... o sea, de Salta.

Me voici donc a Salta, dans la province de Salta (tout comme Jujuy est la capitale de la province de Jujuy et Corrientes celle de Corrientes, si c'etait comme ca en France je m'en sortirais ptet un peu mieux en geographie...). Et contre toute attente, je suis la depuis dimanche a l'aube, arrivee a 5h du mat. Sont-ce les spendeurs de Salta la Linda qui me retiennent ici? Pas vraiment, la ville, entouree de montagnes et possedant quelques batiments d'epoque coloniale assez elegante, n'a cependant rien d'exceptionelle. Trop petite pour etre enivrante comme Bs As le fut, trop grande pour etre depaysante, ici il y a des routes, les memes voitures que partout, des magasins tout a fait classiques, et meme pas de chevaux qui se balladent dans les rues. Alors, pourquoi, me direz-vous? C'est que ici se trouve Argentina, amie de Carmen la maman de ma famille de Bs As, et que j'ai eu du mal a la joindre... et quand enfin j'ai reussie a la joindre, la veille de mon depart programme vers le nord, s'est profile l'opportunite d'une cabalgata, traduire randonnee equestre, le we suivant... J'ai donc attendu un jour sur place pour savoir si je pouvais y participer, puis un jour de plus pour savoir comment on s'organisait, et voila il me reste 1 jour et demi, trop court pour aller decouvrir vraiment ce qu'il y a autour...

Que faire alors dans ces cas-la? Tout d'abord on fait le tour des musees de la ville, les batiments dans lesquesl ils se trouvent, anciens edifices coloniaux type espagnols, retiennent plus mon attention que l'art contemporain du coin ou que les petits morceaux de poteries recueillis dans les sites archeologiques du meme coin. Puis on fait le tour des marches artisanaux, ca s'est dangereux car ici nous touchons aux andes, et voici sous nos yeux tout l'artisanat coloree de cette region... Mais il faut resister car il vaut mieux se faire plaisir plus au nord, ou c'est meilleur marche. Il s'agit egalement de decouvrir la culture locale. Gastronomie d'abord. La nourriture est partout, les trottoirs sont plein de petits stands qui proposent panchos (hotdogs), hamberguesa etc... l'origine de la viande est douteuse, je passe mon chemin. Au marche aux fruits et legumes, je goute enfin a la cuisine regionale: tamales et humitas sont des preparations a base de mais cuites dans des feuilles de maïs, ca se laisse bien manger! et, bien sur, il y a les empanadas. Je vous ai deja parler de ces types de chaussons de pate farcies au poulet, a la viande, ou au fromage. Ceux de Salta sont reputes dans toute l'argentine, et il est vrai qu'ils sont particulierement savoureux. Pour finir en toute legerete, une petite glace, n'oublions pas que l'immigration italienne a marque ce pays. La banana split, banane et dulce de leche, m'a conquise. Dans la culture il y a aussi le folklore. Je demande au marche de m'indiquer un endroit ou l'on peut ecouter de la musique folklorique. L'adresse indiquee est egalement sur mon guide, ancien repere de bohemiens d'ici parait-il, le lieux est remplis de photographies aux couleurs passes des artistes ayant defiles dans cette peña, cuirs accroches aux murs, l'endroit a son charme... je me rends cependant vite compte que s'il fut a un moment authentique, il n'est plus qu'une vitrine pour touristes, helas. Mais vitrine de qualite certes, le vieux chanteur au sourire le plus gentil du monde chante des sambas de sa voix vibrante, et les danseurs folkloriques ont des jambes comme des cheminggum, et en font des mouvements incroyables, pas de regret donc, sauf pour ce petit moment de solitude ou tu es invitee a monter sur scene pour t'essayer toi aussi a la danse locale. j'ai beau montrer mes chaussures de rando pas du tout adaptees rien n'y fait, et me voila donc a essayer de suivre les mouvememnst elegants de ma voisine, bah ca rends rien du tout sans la robe qui vole. Je suis decidement fachee avec les danses argentines! Moins folklorique et moins touristique, concert de guitarre hier au centre culturel de la ville, artiste de qualite au repertoire tres varies, des influences locales a ses compositions, tres bon moment. Que mas? Si je suis quand meme un peu sortie de la ville! L'office de tourisme m'indique le bus pour aller a San Lorenzo, muy lindo m'assure-t-elle, et effectivement la route conduit au pied des montagnes, mais je n'avais pas prevu que San Lorenzo c'est avant tout l'entree dans une reserve naturelle. Et la forcement moi je suis en tongue... C'est trop bete, et je me fais quand meme un petit bout de rando dans la nature, mais je ne suis pas equipee pour atteindre le sommet, dommage... leçon mumero 78452221 : ne pas se contenter d'un "lindo" de l'office de tourisme, mais essayer d'aller au fond des choses et savoir exactement ce qu'il y a a faire parce que bon, encore une fois j'avais pas l'air fine!

Et le reste du temps? beaucoup de temps pour observer, pour essayer aussi d'organiser toutes les infos que l'on reçoit sur la suite de son voyage... Je vous livre donc en vrac ce qui sort de cette semaine de reflexion:

tout d'abord, la vie, ou la survie, en auberge de jeunesse... Il faut dire que j'ai atterrie dans la moins chere de la ville, et de loin. Moins de 4euros la nuit, du jamais vu. A ce prix la ne nous plaignons pas, surtout apres les recits de Florence qui elle vient de voyager en equateur, perou et bolivie, c'est propre et ils nous font notre lit tous les jours. Dortoirs a 8 lits, voire 10 selon les besoins, mixte por supuesto. Et la on decouvre que nous ne sommes pas tous loges a la meme enseigne. Il y a une hierarchie dans ce dortoir, deja entre le lit du dessous, bien, accessible, ou le lit superpose, sans echelle, sur lequel tu galeres pour monter et tu reflechis bien a tout avant de t'y engager car en sortir, c'est chiant. Le lit pres du mur est egalement survalorise par rapport au lit au centre. Une fois la question du lit reglee, il y a le casier. oui car la raison voudrait autant de casiers que d'occupants, mais non, il n'y en a que 6. Il y a donc les etablis, qui te narguent avec leur casier cadenace ds lequel ils entassent leurs tresors, et il y a toi qui dort avec ton passeport et ton argent sur le ventre... Mais forcement a squatter un lieu on peut saisir les opportunites, et en deux jours je suis passe du lit superpose sans casier a un lit en bas avec casier, j'atteins presque le haut de la hierrachie sociale de l'hostal. Les habitants de l'hostal, qui sont-ils? Les backpackers d'un soir, que tu ne vois pas arriver, ni repartir, avec leur gros sac a dos semblable au tien, le meme pantalon qui fait short quand il fait chaud et la polaire sur les epaules. Les backpackers de 2 soirs, des israeliens en l'occurence, qui parlent fort quand ils rentrent de soirees a 4h du mat, allument la lumiere parce qu'ils ont fait tout un bordel et ne se retrouvent plus dans leurs affaires et que tout le monde dans l'hostal regarde d'un regard noir le lendemain matin. Les backpackers en attente, dont moi. Nous sommes 4, 4 français. Mathilde et Bruno essayent depuis deux semaines d'acheter une voiture ici, et en attendant le lent transfert d'argent, devalisent la bibliotheque de l'alliance française. Florence est arrivee le meme jour que moi, et apres tant de depaysement dans les autres pays traversees, est deçue par cette Argentine si moderne finalement, et qui ne se laisse pas si facilement devoiler. C'est en effet un des problemes dont je me suis rendue compte ici. L'argentine est d'une richesse extraordinaire en paysages, mais ils sont tous dans des recoins plus inacessibles les uns que les autres. Pas de bus, il faut la plupart du temps choisir une excursion. Deception donc quand on voulait decouvrir par soi-meme, et a moindre budget surtout, car les excursions ont le benefice du monopole, c'est pas donne tout ca, il va falloir faire des choix. Pour Florence, le choix est fait, elle remonte vers la Bolivie. Ce pays est trop pareil dit-elle. je ne suis pas d'accord, j'essaye de defendre mon choix, regarde la population, certes il y a ceux d'origine europeenne, mais les criollos et les indiens sont egalement presents. Les stands de nourriture du marche, la musique, c'est pas l'europe tout ca! Mais forcement la perspective est differente quand l'on sort d'un mois a Cuzco et d'un mois a Bs As. A mon tour donc de douter, j'avais prevu deja d'aller voir le desert d'uyuni en bolivie, assez proche de la frontiere, et si je montais un peu plus, vraiment me depayser?... je n'ai toujours pas tranche. Enfin, les derniers habitants de l'auberge de jeunesse Paile Viajes, les permanents. Et oui, eux sont argentins, vivent la, travaillent dans le coin en tant que cuistot ou autres, te parlent du cout de la vie qui augmente a vue d'oeil (en 1 an, l'auberge de jeunesse a augmente de 5 pesos), de la mentalite tres traditionelle des habitants, du gouverneur de la region qui a interdit les concerts de rocks a Salta, trop subversifs... Ah, et il y aussi les voleurs, ou plutot le voleur qui a visite l'auberge hier entre 11h30 et midi, a vole l'argent et l'appareil photo de Florence, restee une sans-casier, et a moi mes chargeurs d'appareil-photo et de MP3, qui n'avaient pas ete places dans le casier car tout au fond d'une poche on n'oublie les choses surtout qu'on pense qu'elles m'ont pas trop d'interet sans le produit correspondant. Bon, une excursion aux salinas me tentait, mais je me suis a la place rachetee un chargeur, aie, mais ca aurait pu etre pire. La police a pris ma deposition a la machine a ecrire. On leur a donne le nom du suspect  (car celui-ci est connu, c'est un argentin qui avait reserve un lit le matin, mais probablement avec une fausse carte d'identite), ca n'ira pas plus loin.

Ah, je voulais aussi vous donner des nouvelles de mon espagnol! j'ai l'impression que le voyage lui porte un coup, car forcement je parle beaucoup moins et je n'ai plus mes exos quotidiens pour m'entrainer encore et encore. Bon, a priori il reste tout a fait convenable puisque j'arrive a converser avec tout un chacun, c'est juste que je ne fais plus attention aux temps, parce que mon derniers cours d'espagnol ayant ete "comment apprendre le subjonctif en 5 minutes", bah forcement c'est pas tout a fait integre... Mais ce we de randonnee avec les argentins devrait me refaire une immersion benefique, et je ne quitte pas mon bouquin (le dico n'est pas loin), "el beso de la mujer araña" de Manuel Puig, detente studieuse donc, mais bouquin vraiment tres chouette so far!

Me voila donc a passer le temps sur Internet, ce qui m'ammene a une autre reflexion, decidement Internet est le foyer des exiles. On a beau etre dans un internet cafe pouilleux ou les voisins ecoutent a fond la derniere musique commerciale, un melange de shakira et ricky martin, on est presque chez soi, on est bien, face a l'ecran, a lire de vos nouvelles... Merci donc encore pour vos mails de nouvelles riantes ou laborieuses, pour vos articles les filles qui me transportent a chaque fois loin de mes pauvres soucis de fille qui a trois mois de vacances et qui tout a coup ne sait plus quoi en faire (j'ai failli me plaindre! mais je vous rassure c'est passe ;-), pour vos encouragements et tres bons conseils, en direct sur msn ou par mail, car je me rends compte que je ne voyage pas vraiment seule, vous me suivez a la trace!

bon, mormalement la prochaine fois que je vous ecris je serias vraiment partie dans le nord, mais je ne jure plus de rien!

Los mando un beso!

Publicité

Publié dans en Argentine...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Avec toutes les leçons que ce voyage te donne (78452221  lol !!!!), tu pourrais nous écrire un bouquin de recommendations pour les backpackers :))) !! Quand tu rentres je te bombarde de questions pour profiter de ton expérience :)) !!Ces jours-ci, je suis à Berlin, et je suis bien contente d'avoir Internet pour suivre vos aventures les filles, alors on peut le dire vive internet :) !!Bisous !!
Répondre
C
Mais oui Maudinette, on te suit à la trace, on n'est jamais bien loin! Moi je trouve que tu te débrouilles comme une chef jusqu'ici, et que ton voyage fait rêver, malgré les quelques péripéties. Mais que serait un voyage sans les petites contrariétés dont on rigolera d'ici quelques mois toutes les 4?<br /> Je te fais plein de bisous, bon courage pour la suite, et surtout ¡qué aproveches! (ça veut dire profites-en bien, je traduis avec que Marie chouchoute ne me gronde :)
Répondre
M
Bonne chevauchée maudinette, et casse la gueuele au voleur si tu le croises en chemin ! Sinon c vrai que c étrange cet attachement presque fusionnel que nous entretenons avec Internet, et plus particulièrement l'écran de notre ordi branché à internet. On est jamais vraiment coupé du monde, et il y a qqc d'irrémediablement rassurant à l'idée d'allumer un modem. Comme si le monde venait à se rétrécir, à supprimer les distances, ou encore à se dilater de telle sorte qu'on n'est plus loin des autres, mais juste là, au centre, avec tout le monde.<br /> Heureusement qu'Internet existe, Dieu soit loué. Moi aussi vous me manquez les filles. J'ai hâte d'une grosse soirée HEC comme il se doit !
Répondre