Un petit tour et puis s'en va

Publié le par Maud

J'avais choisi pour mon dernier petit voyage en Argentine une destination que les voyageurs europeens en quete de depaysement absolu ne choisissent absolument pas, j'ai nomme la region des lacs. Partie la plus au nord de la Patagonie, le plus au sud que j'aurais fait personnellement, cette region a une reputation de Suisse Argentine, bref des montagnes comme on les connaitrait. Il se trouve que moi, de toutes façons, la Suisse je connais pas vraiment, que j'avais la-bas une opportunite que je n'avais pas ailleurs, que je prefere me garder tout le reste de la patagonie, ses glaciers et ses paysages de bout du monde pour un prochain voyage avec ma tente, ma grosse polaire et quelqu'un pour m'aider a monter la tente et la pente lors de grosses randonnees (des interesse(e)s?...). Je n'ai pas regrette.

Premiere destination, Barriloche. C'est assez perturbant, j'avais l'impression d'etre a une station de ski. D'ailleurs, c'est une station de ski, Construction en pierre et bois type chalet, on imagine pas l'Argentine comme ca a priori... Il y fait bien frais aussi, apres le four thermique de Buenos Aires, je me surprends a me demander comment je vais resister au froid de l'hiver europeen... Bref, la ville n'a pas grand interet effectivememnt, si ce n'est pour ses nombreuses chocolateries et un tres bon glacier, mais l'immense lac Nahuel Napi qui la borde est tout de meme magnifique, avec ses bras qui s'etendent vers l'horizon, ses iles posees comnme des points de suspension, une eau transparente, transparente... Pendant deux jours, j'ai profite de ce panorama incroyable en faisant de jolies ballades le long des lacs et en haut des monts. J'ai meme pris finalement mon envol du haut du cerro Otto pour un vol en parapente face a l'eau irise. Inoubliable, meme si a force de tourner pour prendre de l'altitude ma tete a continue a tourner toute l'apres-midi.

Deuxieme destination, intermediaire, Villa la Angostura, qui est sur la route des 7 Lacs qui mene de Barriloche a San Martin de los Andes, ma veritable destination. J'y avait juste quelques heures, avant de prendre ma correspondance, et helas ca n'etait pas suffisant pour visiter le parc des Arrayanes, une foret d'arbres tres anciens. Un peu deçue, j'ai quand meme fait encore de longues ballades, ou de mini-rando, au choix, sur la peninsule Quetrihue et dans le village, ou l'architecture montagnarde parait presque exageree, c'est mignon tous ces petits chalets en bois mais un peu trop flambant neuf, on se croirait chez Disney. Je remonte dans le bus, qui s'embarque sur une route rebondissante entre arbres et lacs a gauche, a droite, arbres toujours plus hauts, lacs toujours plus bleus, et nous arrivons finalement a San Martin, petite ville etroite et riche au bord du lac Lacar, au meme schema patagonico-andin de chalets suisses. Si j'y suis, c'est que pour mes derniers moments argentins, et afin d'assouvir pleinement ma soif de nature non entrecoupee de ville, j'ai decide de faire appel a des professionels... Je me suis donc engagee dans une excursion d'une semaine, "sur la trace des volcans...." 

Le groupe est initialement compose de 5 femmes: Augusto, notre guide, tire un peu la tronche, mais il sera sauve au dernier moment par un suisse, un vrai cette fois, qui se rajoute a l'equipee.  Groupe en majorite argentin, ce qui nous vaudra de longues pauses mate sur les plages, auxquelles je participe avec plaisir, et des veillees coins du feu a chanter les succes de Sabina, chanteur argentin, la j'ai fais de mon mieux mais pas reussi a suivre les paroles.

La camionnette nous a deposes au bord du lac Paimun, lieu de campement des deux premieres nuits, j'aurais tente la premiere a la belle etoile mais le froid a la seconde m'a renvoye sous la tente, et ce jusqu'a la fin de la semaine. Des etoiles a profusion comme j'en voulais, il suffisait de tendre la main et se servir. De l'eau gelee egalement, pas si grave quand nous sommes face a un lac d'huile car alors les canoes glissent tranquillement au dessus de leur reflet et nous appreçions la fraicheur de l'eau que lorsqu'il s'agit de se desalterer, nous plongeons notre bouteille et nous nous servons, au milieu du lac. Plus problematique, la fraicheur de l'eau, quand le ciel se couvre, que le vent se leve, que les vagues se forment et que nous luttons pour atteindre la rive sur nos freles embarcations, un peu plus mouilles et geles a chaque passage des vagues, le lac-miroir qui se transforme en pleine mer, impressionnant. Bien entendu il y eu aussi une journee de randonnee equestre, je ne pouvais pas partir d'Argentine sans remonter sur un cheval, nous avons traverses des forets andino-patagoniennes, avec des arbres immenses, des pins etrangissimmes et des canes (type bambous) partout, qui, quand elles sont sechent, forment un jeu de mikado geant a travers lequel nous nous frayions un passage. Cette journee se termina par un galop dans les champs pres du lac, si on ne m'avait pas rappelle j'aurais continue jusqu'a Bs As! Le troisieme jour, apres cette fameuse traversee du pacifique evoquee plus haut, nous avons change de campement, et apres avoir longe les rives du Lac Paimun et du Lac Huechulafquen, nous sommes poses (je n'ai pas dit echoue mais cependant ca avait un petit air de Lost toute cette nature et rien que nous) au bord du lac Epulafquen. Tous ces noms sont des noms Mapuche, les indiens de la region, il en reste malheureusement tres tres peu... Ce lieu etait d'une serenite incroyable, vue sur le lac, les montagnes, le sommet enneige du volcan Lanin, les oiseaux (j'ai aperçu des ibis), et un "Argentine Coffee" au coin du feu... Le lendemain, navigation de nouveau sur un lac tout tranquille, le long de l'Escorial, une langue de lave qui coupe le lac en son milieu. Augusto finit par pecher sa truite, l'honneur est sauf, trois jours qu'il essayait et que rien ne mordait. La truite a la parilla, c'est delicieux. Enfin, a partir de ce moment la (avant la truite je tiens a preciser) j'ai commence a tomber plus ou moins malade alors je n'ai pas autant profite de toutes les bonnes choses a manger que nous preparait notre cher guide. Pour changer un peu de l'eau et faire travailler autre chose que mes pauvres bras, il y a ensuite eu un trecking depuis notre nouveau campement aupres de la laguna verde. Nous avons monte en haut du volcan dont venait justement l'Escorial, une montee un peu technique dans le sable volcanique hautement recompensee par la vue sur le Lanin et les couleurs epoutouflantes du cratere, eteint depuis bien longtemps. Apres un dernier jour de canoe nous sommes finalement rentres a San Martin, une heure chrono pour que 5 femmes prenent une douche, ce fut un defi releve (et pourtant pas gagne, imaginez que ca faisait une semaine qu'on en revait, j'avais bien tente l'eau du lac mais a 6 degres ca fait un bain vraiment frisquet...) et nous nous sommes tous retrouves autour d'un dernier diner avec les specialites culinaires de la region : Cerf, sanglier, saumon et truite, fume, en pate... et biere patagonienne, heureusement que mon estomac m'a donne un repit ce soir la pour que je puisse tout gouter! Des le lendemain j'etais de nouveau dans le bus direction Bs As, et oui quand j'ai pris mes billets j'etais un peu flippe a l'idee de rater mon avion alors j'ai pris 4 jours de marge... Je me rends compte maintenant que c'etait un peu ridicule, j'aurais voulu rester un peu plus la-bas, avec du vert tout autour et du bleu par dessus, se ballader, se poser sur un rocher, faire une sieste, prendre un mate, regarder les aigles voler, les truites qui fuient sous le canoe, le bruit de la rame qui casse la surface de l'eau, et encore des etoiles... J'etais donc un peu triste dans le bus du retour, ça sentait vraiment la fin d'une liberte que je me suis offerte pendant ces 4 mois... Bon, j'etais d'autant plus mal dans le bus que finalement mon estomac n'avait pas apprecie le cerf fume, que le co-pilote du bus ne passait que des films parlant de psychopates (au bout du 4eme on commence a se poser des questions) et avait confondu le bouton aeration avec congelation. Je fus sauve par le paysage, nous avons doucement quitte les montagnes vertes des Andes, nous avons traverse la steppe, desert de touffes d'herbes sur plaine en relief avec en arriere plan les sommets enneiges, j'ai meme cru avoir une allucination, un mirage du desert, mais non c'etait bien reel, un lac incroyable, comme si on avait inonde le grand canyon a grand renfort d'eau turquoise.

Je suis decidement loin de connaitre toutes les beautes de ce pays.  

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Publié dans en Argentine...

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C
J'avais pas vu les photos! Le petit bout de chou dans son grand bateau est trop craquinou!!! Et la photo "La montagne ça vous gagne" est très chouette. Mais ma préférée c'est celle où le ciel rencontre la surface de l'eau, et où la ligne d'horizon forme un axe de symétrie parfait...<br />  
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M
c'est un magnifique article ca, Maud. Un article de conclusion très touchant. Tu as vu tant de choses en 4 mois ! Je crois que tous nos lecterus t'envient à mort secrètement...<br /> Bisous, et bon vol demain...
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S
J'aurai adoré faire l'ascension de ce volcan!<br /> Si on remplace la tente par un bungalow avec douche et toilette, je veux bien t'accompagner...
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C
Je suis impressionée par la diversité des paysages que tu nous décris, à chaque fois on change d'univers... En tout cas tu as terminé ton aventure en beauté, je te félicite! Vivement les retrouvailles que tu nous montres toutes les photos! gros bisous et à très bientôt!
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