en route vers mendoza
Ou je suis en ce moment? a Mendoza, Mendoza. Ou je vous ai laisse? en Bolivie... ah oui, j'ai l'impression que ca fait deja un siecle que j'ai quitte les terres boliviennes!!
Mon retour de Bolivie m'a fait faire toutes mes etapes a l'envers, la Quiaca, Humahuaca, Tilcara, Jujuy, ouf repos a Salta. A travers les fenetres du bus, quand je ne dors pas (ma journee de voyage ayant commencee a 3h du mat en Bolivie...) je revois cette Quebrada qui m'a tant plu, je suis bien contente de pouvoir lui dire aurevoir. Petit a petit les lamas et les mules des champs sont remplaces par les chevaux et les vaches, la montagne s'eloigne... A Salta, derniere petite peña pour la forme, histoire de garder en tete les chants du coin, de nouveau me voila a faire quelques pas de danse folklorique sur la piste, mais je me sens un peu moins seule dans le ridicule puisque Marcela (rencontree a l'aller a Purmamarca) m'accompagne. Et pis d'ailleurs je suis moins nulle que la premiere fois, peut-etre que le fait d'avoir troque chaussures de rando pour chaussures de ville y est pour quelque chose.
Je continue la descente, etape a Cafayate. La Quebrada du meme nom est assez impressionnante, et meme si les montagnes de toutes les couleurs je commence a connaitre ca reste tres joli. Petit moment d'escalade en haut de la Garganta del Diable (vous avez remarque que des qu'il y a quelquechose d'impressionnant c'est forcement du diable ou de l'enfer? c'est ma troisieme gorge du diable depuis le debut de mon voyage! ils pourraient varier les noms, on s'y perd!), c'est moins drole qund il s'agit de descendre... Le lendemain, visite d'une fabrique de fromage de chevre et de bodegas (caves...)... mmh, ca me rappelle un pays... et oui, cafayate est ma premiere etape vin du pays, ici se fabrique le torrontes, un blanc sec et fruite pas mal du tout... existe egalement en glace, j'ai teste! et pis le fait de faire la visite a 3 sur un kart plus le chien rajoute un petit cote aventure... Je devais partir des l'apres-midi mais finalement, Marcela venant d'arriver (elle se fait des petits we dans les alentours de Salta) et ayant rencontrer une anglaise d'origienne bolivienne, annabelle, bien sympa, je decide de rester encore une nuit. Du coup je me lance dans une petite "ballade" aux cascades du rio colorado. Ne doutant de rien et surtout pas de moi, je loue un velo et hop en piste pour les 6 km qui me separent du debut du chemin... oui, sauf que 6 km de faux plats sous un soleil de plomb pour une grande sportive comme moi... dur dur, au bout de 4 km je pousse le velo, et une voiture me prend en pitie pour les derniers 150 m, alors que je soufflais au bord du chemin. Le chemin qui mene ensuite aux casacdes n'est pas beaucoup plus facile, tout simplement car il n'y a pas de chemin, il s'agit de remonter le ruisseau, en coupant a travers les plantes, coupantes elles-aussi... Alors que je me disais que c'etait peut-etre pas la peine de m'acharner, un autre marcheur un peu en amont me propose gentiment de faire le chemin avec moi... bon ben apres tout. Et donc, apres je ne sais combien de collines gravies dans les cailloux, de coupures sur les bras et les jambes et les mains 3 fois broyees par la poigne de l'inconnu quand il me tend une main justement, on arrive a la cascade... mais pas le temps de se baigner, il faut que je me depeche de rentrer car j'ai le velo a rendre!! le retour est beaucoup plus facile et les 6km de velo se faisant tous seuls dans un seul coup de pedale, j'en conclue que le faux plat etait une vraie montee... Pour recuperer de tant d'effort, petite soiree a l'auberge de jeunesse, un bon repas,le vin du coin, on tente la boite du coin mais les rythmes de cumbia qui s'en echappent nous refoulent avant la porte d'entree... j'essaye juste de pas oublier que le lendemain mon bus part a 6h...
Forcement, je ne me suis jamais reveillee, donc journee a trainer avec annabelle dans le jolie village de cafayate. Je prends le depart suivant, 16h, pour Amaicha, Marcela a decide de me suivre. Nous nous retrouvons egalement avec Marcos, qui etait dans la meme auberge de jeunesse que nous. Arrives a Amaicha, ca me rappelle ce village ou j'avais atteri, tout desert, et je m'etais dit, mais qu'est-ce que je fous la? avec quelles intentions les gens qui m'ont dit qu'ils fallaient y aller m'ont-ils envoyes dans ce trou? mais cette fois au moins deux bonnes nouvelles : j'ai deux compagnons sympatiques et il y a un bus quelques temps apres pour nous emmener a la ville suivante... ouf... Direction donc Tafi del Vallee. Route dans la montagne, on regrette que la nuit soit tombee mais cela nous permet de voir au loin une tempete sur la vallee, les eclairs illuminent les nuages, c'est surrealiste, on dirait une pelote d'epingles.
L'arrivee a Tafi del Vallee me plait bien, l'auberge de jeunesse aux couleurs de bob marley est bien douillette, on va manger un locro (plat locale, sorte de ragout au mais) dans un de ces lieux perdus au fin fond d'une sombre rue, trois chaises en plastique, de la vraie cuisine maison... bref, je suis bien et je suis tentee de rester un peu dans le coin... C'etait sans compter sur les nuages et la pluie le lendemain matin qui assombrissent la vallee et nos plans de randonnee... on pofite quand meme d'une petite eclaircie pour faire une petite marche entre les gouttes jusqu'a la case del duene, un musee sur les mythes et legendes locaux. La femme qui s'en occupe, une artsite qui a represente tous les trolls et autres esprits du coin, est tout simplement passionnante, et nous en apprenons un peu plus sur la pachamama, deesse de la terre, le lien entre les crapauds et la fertilite, les croisements entre les mythes d'ici et ceux importes d'europe, comment, a chaque fois, le catholicisme s'en mele et essaye de recuperer a son compte certaines croyances... j'aurais du tout noter, j'ai deja oublie la moitie! Un autre petit musee plus tard, et nous avons epuises les possibilites culturelles de tafi sous la pluie. Marcos et moi nous dirigeons donc vers le Terminal, direction Tucuman. Marcela restera la pour faire une petite ballade a cheval.
Les argentins d'ailleurs sont assez etonnes quand je leur dis que j'ai bien aime Tucuman. Oui, effectivement, la ville est plutot pauvre et sale, peu de beaux batiments, et oui il y pleut pas mal. Et bien oui mais une ville, une vraie, avec son animation, les gens dans la rue, des terrasses de cafe, des bars, plus que 4 rues ce qui fait qu'on peut marcher une demi-heure tout droit sans se retrouver en rase campagne, tout ca moi ca m'a fait du bien apres tant de nature... C'est ma nature urbaine qui parle et qui s'est ressourcee un peu, dans un de ces petits bars non pas enfumes car ici la loi est passee et on ne fume plus a l'interieur, mais a l'ambiance cosy, a la musique rock, melange de classiques internationaux et de rock national. Je suis briefee sur les groupes a ne pas rater, j'ai plus qu'a passer au disquaire!
Bon, une ville ca fait du bien mais quand on n'a plus personne pour nous montrer les endroits sympas du coin, il faut enchainer... et me voila de nouveau dans les transports, bus de nuit jusqu'a La Rioja. C'est que mine de rien je suis un peu pressee, on m'attend a Mendoza 3 jours plus tard, je me suis donc fixee un seul objectif entre les deux, le parc national Talampaya. Parfois, on a l'impression que les lieux nous en veulent. La Rioja fait partie de ceux-ci. Arrivee tres matinale au terminal, je ne pensais pas m'eterniser car on m'avait dit qu'une bonne base de depart pour le parc etait San Agustin de vallee fertile. J'etais un peu trop confiante sur le reseau de transport argentin, il y a 3 bus par semaine pour cette ville, et forcement pas les mardis... Qu'a cela ne tienne, j'avais un plan B, autre ville de depart conseillee... oui mais la je l'ai rate d'un quart d'heure... Le prochain etant bien plus tard, ca me laisse le temps de reflechir a un plan C tout en prenant mon deuxieme petiot dej du matin, bah oui vous faites quoi vous quand vous arriver a 6h du matin dans une ville? Le plan C, l'office de tourisme me le donne, c'est possible d'acceder au parc en partant de La Rioja, tout simplement! Mais le bus partant a 7h du mat, je n'ai qu'a attendre le lendemain.... Heureusement la gentille fille de l'office me donne des idees pour profiter de cette journee a la Rioja une fois que j'auarsi vu les 3 eglises et 2 couvents. Je suis confiante, pause mon sac et m'etale dans le lit de l'hospedaje conseille, sieste de 2h meritee apres cet aller-retour entre le centre et la gare, pas si proche... reveil a midi, le soleil brille, je suis prete a profiter de cette halte inattendue dans cette ville. Premiere destination, le dejeuner. Le premier indique par mon guide a bien une carte mais c'est un leurre, car il ne fait pas a manger. le second n'existe plus. le troisieme c'est moi qui le trouve toute seule, pressee par la faim mais surtout la pluie et le vent, et oui mini-tempete dans la ville... On se laisse pas abattre et apres un bon repas, tout de meme, equilibre et economique, ca me change, je vais prendre le combi pour Sanagasta, petit village a une trentaine de km de La Rioja, un peu plus dans les montagnes et d'ou je pourrais faire une ballade sympa m'assurait l'office de tourisme. Arrivve dans un village desert, ouf le bureau de tourisme est quand meme ouvert, ah c'est trop bete il y a 15 minutes un combi partait pour faire visiter la quebrada un peu plus loin, C'est pas grave dis-je, moi je veux faire une ballade toute seule dans le coin. La femme est adorable mais pour autant elle me dit que c'est pas possible, elle ne peut pas m'emmener car risque de pluie et apparemment ca ne peut pas se faire seul. Bon. Et y'a rien d'autre a faire ici? non. Bon. J'ai quand meme droit a une visite guidee du magasin d'artisanat du coin, avant de reprendre le combi direction La Rioja. Interessant, cet aller-retour... Mais il me reste d'autres cordes a mon arc, deux musees indiques par l'office, toujours lui. Arrivee au premier : ferme pour renovations... arrivee au second : ferme car ils sont en train de preparer une exposition... Je crois que y'a quelqu'un qui m'en veut!! J'ai plus qu'a me poser dans le cafe-expo d'art du coin et bouquiner jusqu'a ce que la nuit tombe. Oui parce que meme le cine, j'ai regarde, le personnel est en vacances....
Au moins j'ai eu une longue nuit et je me suis levee sans problemes pour le bus pour Talampaya. Quelques 3 heures plus tard, le bus me depose au bout du chemin qui mene a l'entree du parc. Je me joins a une expedition en 4x4, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de decouvrir ce lieu. Nous decouvrons gravures rupestres, grotte aux proprietes sonores etonnantes (un echo qui dure qui dure!), et surtout ces fameuses parois verticales de centaines de metres qui rendent ce parc celebre. On le compare au grand canyon de Californie, moi je sais pas j'ai jamais vu. Mais ca vaut le detour. Helas le tour ne dure pas assez longtemps, surtout que moi je dois attendre le bus dans l'autre sens... ca fait tout bizarre d'attendre un bus sur une route deserte, toute seule, rien aux alentours... j'ai un moment doute que le bus repasse par la, mais si il a fini par arriver! Et me ramener a La Rioja, ou cette fois pour patienter avant mon bus de nuit pour Mendoza je ne met pas la barre trop haut : comedor du terminal, suivi du cyber du terminal. Ils sont tous les deux ouverts, incroyable!
Deuxieme nuit de bus donc en trois jours, et me voila a Mendoza. Ici, pas besoin de m'embeter a chercher l'hostel le plus economique, j'ai la chance d'etre accueillie, et pas n'importe ou!! Alejandra (je resitue : je l'ai connue par le travail de mon papa) m'ouvre la porte de son appart, avec vue magnifique sur les montagnes de Mendoza, qui ne sont rien de moins que les Andes. De l'autre cote, le Chili. Elle me presente a un de ces amis, Julian, qui va un peu faire chauffeur pour moi, car Alejandra rentre le we a Bs As, j'ai donc un grand appart pour moi toute seule.... Apres tous les hebergements que j'ai croises, je vous assure que c'est plus que du luxe, et je savoure!! Surtout que je commence a etre fatiguee, pas seulement physiquement, mais moralement, du voyage. Un signe qui ne trompe pas : je craque sur une part enorme et cherissime de gateau au chocolat. elle represente la moitie de mon budget bouffe du jour, et surement bien plus que la moitie de mon apport calorique conseille... ;-) Me poser un peu ne peut pas me faire du mal. Je flane dans la ville. La region de Mendoza est un desert, Mendoza un oasis grace au systeme de canalisation mis en place par les indiens et recupere par les espagnols. Ainsi la ville est toute verte, des arbres dans toutes les rues procurent une ombre bienvenue car le soleil cuit, il y a des petitcs canaux d'irigation le long de chaque trottoir. Assez profonds mine de rien, j'aimerai bien savoir s'ils ont recueilli la statistique de combien de personne par jour tombe dedans en ayant la tete en l'air! Pour moi, jusqu'ici tout va bien, je fais attention!! Mendoza est egalement une ville riche et chere, il faut dire que c'est la capitale du vin argentin et que cette industrie prolifere. Toute la campagne autour est remplie de bodegas magnifique, comme j'aurias l'occasion de voir grace a Julian. Le vendredi, il m'emmene avec des amis a lui a un plan d'eau, au programme : ski nautique. On m'avait dit que c'etait difficile, c'est rien de le dire. J'ai reproduit la scene des bronzes, apres tout il faut bien leur faire connaitre le cinema français a ces argentins... blague a part, je ne suis pas sortie de l'eau mais j'ai l'impression qu'un buldozer m'est passe dessus et que deux grues m'ont ecartele les jambes. Sinon c'etait tres sympa de prendre le soleil sur un bateau dans un plan d'eau avec en toile de fond les monts enneiges des Andes. Je continue un peu dans le luxe argentin le lendemain, nous allons dejeuner dans une bodega justement, qui fait egalement galerie d'art contemporain. La belle vie. Pour la suite, mon programme a ete un peu contrarie. je devais, et c'etait organise depuis longtemps, faire une randonnee de deux jours dans les Andes avec un autre ami d'Alejandra. Mais je crois que ca n'arrangeait pas trop les personnes qui s'occupaient de moi, donc les deux jours se sont transformes en 2 heures... Difficile de se plaindre quand on s'occupe de nous comme d'une princesse, et tous frais payes... Je regrette quand meme de n'avoir pas cherche a trouver une solution et maintenir ce we qui me tenait vraiment a coeur... Surtout que la ballade fut magnifique, et nous avions a peine atteints les pre-montagnes. Je suis seule avec Jose, gaucho qui s'occupe de la cabña de l'ami d'Alejandra, il me parle de la montagne et des gens qui y vivent. Mon cheval est magnifique et super. Bref, tout est parfait. Mais trop court... Cependant un espoir apparait : Jose me propose de l'accompagner la semaine suivante, ils vont rassembler les vaches qui sont en paturage dans la haute montagne... Une belle opportunite, qui encore une fois me change mes plans!! en effet, fatiguee, envie de me ressourcer, girouette ne sachant plus par ou continuer pour continuer a profiter de ce voyage sans tout gacher par le fait d'etre blasee et de consummer des km plutot que savourer des lieux, je pensais, a defaut de prendre le premier vol pour Paris, prendre le premier bus pour Bs As... La je suis en recherche d'un plan B pour revenir la semaine prochaine a Mendoza et aller voir les vaches... a cheval!
Je vous tiendrais au courant du sens du vent pour ma girouette...