Petite leçon d'espagnol (épisode 2)
Salut les loulous! Aujourd'hui je vous propose une petite étude comparative des expressions espagnoles et françaises. Comme à mon habitude je ne m'intéresserai qu'aux expressions les plus poétiques (ou pas). Enfin ce n'est quand même pas ma faute si ma nouvelle colloc m'apprend plein de gros mots ;)
Tout d'abord, il y a un certain nombre d'expressions qui se traduisent pratiquement à l'identique, par exemple ici aussi votre chéri(e) peut vous mettre des cornes (poner las cuernas). L'expression "maman sur, papa peut-être" existe aussi (il faut dire que ce risque plane sur la tête des hommes du monde entier, sans distinction de nationalité, c'est une des rares constantes universelles! D'ailleurs il parait qu'en France un enfant sur quatre né dans un mariage serait le fils du facteur, ce qui signifie que ma fraterie est une anomalie statistique (enfin d'un autre côté je dois vous avouer que j'ai lu ça dans Isa, et ils disent quand même pas mal de conneries)).
Et puis il y des expressions qui varient un peu. Par exemple, quand en France il vous arrive d'en avoir PLEIN les cou****s, ici vous en avez JUSQU'AUX dites cou****s (estar hasta las pelotas ou encore estar hasta los cojones). Et si le français vous casse les c****s, l'espagnol lui se contentera de vous les toucher (tocar las pelotas). Une preuve de plus que la vie est quand même plus sympa ici. Petite application pratique du tocar las pelotas : samedi après midi, j'ai été faire du shopping avec mes amies Lori et Malick en visite pour le week-end (ce qui fera d'ailleurs l'objet de mon prochain article). On a été au Mango Outlet du 37 carrer Girona, temple de la fringue sympa et pas chère. Dans les boutiques outlet, l'ambiance rappelle un peu celle des premiers jours de solde, les filles vous savez très bien de quoi je parle : l'exitation de trouver le jean du bonheur à un prix dérisoire, l'adrénaline de la fouille dans le bac des jeans à 20€, l'angoisse de ne pas trouver sa taille, l'agressivité envers la connasse qui recherche le même jean que vous dans la même taille alors qu'il ne reste jamais de S, et puis aussi la compétition dans les cabines d'essayage (hihihi le jean me va bcp mieux qu'à l'autre grognasse, vu son c** elle aurait mieux fait de se prendre du L!). Maintenant que je vous ai peint le lieu du crime, laisser moi vous raconter l'action.
Ayant l'intention d'optimiser mon temps d'attente sur les queues interminables des cabines d'essayage, j'ai pris autant de fringues que mes bras pouvaient en supporter. Evidemment le nombre d'articles en cabine étant limité, j'ai laissé une partie des vêtements à essayer de côté, ayant l'intention de faire un switch à mi-parcours. Jusqu'ici tout va bien. A mi-parcours donc, je laisse ma veste dans la cabine pour marquer mon territoire et pars en quête des vêtements que j'avais mis de côté. N'étant pas la seule à avoir eu cette idée, j'attends patiemment sur la petite queue qui s'est formé près de la pile de vêtements. Là je vois une petite dame qui s'apprete à rentrer dans ma cabine. Souriante comme à mon habitude, je lui dit que la cabine est prise, et que je suis juste sortie prendre le reste de mes vêtements. Fin de l'incident? Non! Je vois que la dame hésite un petit moment, puis se redirige vers MA cabine. Avec un sourire un peu plus crispé, je lui redis qu'il s'agit de MA cabine, où j'ai d'ailleurs laissé MA veste et qu'elle ne peux donc pas entrer (sous entendu du sourire crispé = grognasse, t'avais pas compris la première fois parce que t'es sourde ou complètement débile?). Et là elle me dit que oui, elle avait bien compris, mais qu'à elle on venait de lui piquer sa cabine et que donc elle ne voyait pas pourquoi elle allait se géner pour me piquer la mienne. Que n'avait-elle pas dit! Je lui ai répondu avec le plus grand calme, mais avec mon regard de chabine enragée et psycopathe qui a encore 12 jeans et 15 pulls à essayer et aucune intention de se laisser faire : "ecoute ma grande, je suis bien désolée pour toi si on t'as pris ta cabine, mais je te déconseille très vivement d'essayer de t'approcher de la mienne". Et de terminer sur un "no me toques las pelotas". Très fière de tout cet espagnol guerrier que j'avais réussi à sortir dans ce moment de tension extrème, je lui tourne le dos, tout en regardant du coin de l'oeil la force de son toupet. Pas folle la bête, elle s'est bien gardée de s'approcher de ma cabine. C'est qu'il ne faut pas me chercher moi, dans le fond je suis un peu racaille. Enfin je me garderai quand même de ressortir ce genre de perles, d'après Carlos et Albert c'est beaucoup plus violent que je ne le pensais (et c'est sans doute pour ça que la petite dame a eu peur!).
Enfin, dans la rubrique gay pride, ici on ne vous demandera jamais si vous êtes à voile ou à vapeur, mais plutôt si vous aimez la viande ou le poisson (la carne o el pescado). Quant à Vincent Mac Doom, Dave et autre Olivier Fogiel, ici ils se feraient appeler sopla nucas, ie qui vous souffle sur la nuque... Sur ces bonnes paroles, je ne rajouterai qu'une chose : amis de la poésie, bonsoir! ********************************************************************************