La nuit est si belle à Bangkok
Les lumières de la nuit, petites guirlandes ou grandes publicités géantes qui rayonnent, grandioses, dans un ciel bleu sombre. Et les étales de nourritures, auto-éclairés par de petites lampes de fortune, les lumières des bars-discothèques qui tournoient, chaotiques et irritantes, entremêlées des phares des voitures et des façades pétillantes des centres commerciaux. Il y a comme une peur souterraine, inconnue, quand la nuit tombe. Peut être est ce pour cela que nous cherchons frénétiquement de la compagnie, de la vie, dans les bars, les discothèques, les marchés de nuit. La vie nocturne à BK est sophistiquée : les nightclubs sont beaux, déco modernes et soignées, ambiance lounge ou dance, technos mixés et DJ célèbres. Beaucoup de clubs et de bars dans la grande métropole asiatique la plus nocturne qui soit. Des bars underground glauquy, des irish pub, des tavernes pour blancs, des discothèques indiennes, des bars/clubs à la déco épurée et futuriste, des clubs à bargirls. Un peu de tout, dans cette ville où l’alcool coule si vite, où les nuits ne se terminent jamais, où l’obscurité est le repos de l’âme, la fuite et l’oubli, les danses de la nuit. Ce que j’aime beaucoup à BK, ce sont ces petits bars en plein air, les « beer garden », où l’on commande des girafes de bières pour un prix dérisoire, juste à côté des marchés, des gens qui se promènent, de la grande roue de Paris. Mais il y aussi les nuits paisibles, autour d’une table devant le petit supermarket de mes amis Thai, où bières et whisky Thai se dégustent autour de petits plats de nourriture. Ce sont des nuits faciles et simples, sans surprise, des nuits câlines et aimables avec des gens que l’on aime bien. Egalement chez Nai, à la Guesthouse Soi 1, où je m’assieds doucement autour du bar, entre Nai et David qui se disputent sans cesse, et qui me font si rire. Il y a les nuits envoûtantes, celle des bars et nightclubs, des rencontres surprises et surprenantes. Hier encore, j’ai rencontré autour d’un bol de soupe un Américain d’origine chinoise. Nous avons finis la soirée dans un bar « spéciale soirée Halloween », qui passait du R&B, avec ses serveuses déguisées en sorcières sexy, ses toiles d’araignées pendantes, et ses fausses citrouilles ricanantes. Il y a les nuits socialisantes, où l’on rencontre dans un bar une floppée de jeunes étrangers à qui l’on doit faire la conversation, comme aux apéro Allemands au O’Reilly (comprenez : apéros originellement pour les stagiaires de l’ambassade d’Allemagne, progressivement envahis par les stagiaires de toutes les autres ambassades). Il y a les nuits surréalistes, comme avec Julien, quand nous sommes allés en haut d’une tour, dans un bar suspendu dans le ciel, près des étoiles. Bangkok s’étendait, devant nos yeux, calme et lointaine, un millier de couleurs fondant la noirceur du ciel. Il y a beaucoup de nuits à BK, mais la plus belle reste celle depuis mon balcon. Quand j’entends au loin la clameur des voitures, et le sifflet du train qui passe sur la petite voie ferrée près de Soi 1. Je regarde la femme sur l’énorme publicité géante pour Triumph, qui me dit que Le U-Shape, ca m’irait trop bien aussi, car « U-shape for more Shape ». Et je sens l’air, plus frais, mais chargé de vie, de grains de nuit, chauds et suaves, dans le silence de ma soi endormie. Et mes rêves et ma vie se confondent, je sens que tout est possible. Bangkok est si belle la nuit, voluptueuse et insoumise.
Lorsque à six heures, la nuit se met à tomber sur Bangkok, une drôle de sensation m’envahit à chaque fois, comme si le monde renaissait encore, avec dans le ciel bleu sombre, des milliers de lumières à la place du soleil. Il y a beaucoup de nuits à Bangkok, celles des bars et des night clubs, celles des rues et du silence. Fiévreuses, obsédantes, dangereuses ou silencieuses, les nuits à Bangkok sont extraordinaires. Il y a une beauté toute particulière qui émane de cette nuit trop rapide, trop noire et si chaude. Nostalgie vaporeuse, peur primitive, élan mystique. La nuit à BK ouvre des portes inquiétantes et merveilleuses. Nos démons, nos amours et nos joies. Nos peurs, nos envies, fantasme et solitude. Pour nous, les enfants de la nuit, si seuls au cœur de BK la fantastique.
PS : une petite galerie d'image de BK at night dans l'album photo...