Dans le ventre de Chatuchak

Publié le par marie blondinette

Depuis mon arrivée à Bangkok, les gens murmurent constamment le nom de Chatuchak. Croyant tout d’abord, bien innocemment qu’il s’agissait d’une contrée lointaine et inhospitalière, CHA-TU-CHAK, où l’on se faisait dévorer par les serpents et les scorpions, j’allais découvrir bien vite qu’il s’agissait de tout autre chose. En effet, Chatuchak est un gigantesque marché à Bangkok, qui n’a lieu que le week-end. Un grand marché monstrueux, tentateur, affamé, source d’extase et de frayeur tout à la fois. Le marché que chacun vénère et idolâtre. Cha Tu Chak.

Il fallait que j’aille voir ça.

Dimanche donc, je me sentis prête à tenter l’expérience. On m’avait bien  prévenu que la chaleur était insupportable, et que les foules avançaient en masse compacte et quasi immobile, le long des allées étroites. Mais que voulez vous ? Je suis une aventurière des villes, et ce n’était pas quelques Thais par ci par là qui sauraient m’arrêter dans ma quête de bonnes affaires !

Alors que je venais d’essuyer une furieuse déception avec An, qui était censé m’accompagner mais qui ne donnait aucune nouvelle, je partis tout de même vers le monstre Chatuchak. Arrivée à la station de BTS qui dessert ce marché en périphérie nord de Bangkok, je ne savais évidemment pas dans quelle direction aller. Mais ce ne fut pas un problème, je suivis la foule, énorme et pressée, qui se ruait hors du BTS avec la même envie sauvage d’atteindre au plus vite le marché. Aspirée par ce flot humain, j’eus tout de même le temps d’apercevoir l’autre quai du BTS, celui du retour vers le centre, où s’agglutinaient les gens, munis de sacs en plastique jaune pleins à craquer.

Mon cœur battait fort dans la tourmente. J’arrive à Chatuchak et j’hallucine. 15 000 stands, 200 000 visiteurs par jour, et mes yeux ne peuvent appréhender une telle immensité. Je pénètre dans une première allée, encombrée, chaude et humide. Il y a des relents de médecines traditionnelles chinoises vers ma gauche, et des odeurs de cuirs vers ma droite. Je passe par la section pets and animals, où l’on peut offrir des jouets à son chien, ou s’offrir un nouvel aquarium. Un peu plus loin, sur la gauche encore, les vêtements soi disant made in USA : jeans, blousons, snickers et compagnie. Je remarque vaguement des numéros au croisement des allées étroites et impraticables, comme si tout était ordonné, au-delà des apparence. J’appris plus tard qu’il y avait effectivement un plan de Chatuchak, avec des sections « Miscallenous » (comprenez : « un peu de tout »), « Clothes », « Ceramic and traditional thai Art », etc. Car à Chatuchak, on peut trouver de tout : des serpents, des vêtements, des antiquités, de la vaisselle, des livres…et tout ceci, selon la légende, à des prix plus qu’imbattables (pour Bangkok !).

Au départ, Chatuchak et ses allées claustrophobiques font un peu peur. On n’ose pas acheter, on ne sait pas, il y a trop, trop de stands, trop de produits, trop de gens. On se laisse couler dans les flots incessants qui nous importent un peu partout, sans que l’on sache vraiment. Et on regarde, stupéfait, cet énorme monstre tentateur qui nous suce et nous aspire à l’intérieur de ses entrailles, sans que l’on puisse opposer la moindre résistance. Mais la plus grande perfidie vient ensuite, alors que l’on commence à s’habituer, à voguer habilement entre les étales et à prendre des chemins moins encombrés. C’est au moment où l’on prend confiance, et que l’on redresse enfin la tête (au-dessus des Thaïs, donc) que monte alors une fièvre acheteuse insensée et fulgurante. Tout ce dont on a rêvé se trouve à porter de la main, pour des prix riquiqui ! Quel être humain pourrait résister ? Hein ? Je vous le demande. Je commence par des bougies traditionnelles, en bois noires, puis des ceintures en cuirs avec des fleurs, puis une tunique brodée à la main, puis des guirlandes lumineuses, puis de la céramique traditionnelle, des boucles d’oreilles…Et 22 € plus tard, je ressors, épuisée, vidée, de Chatuchak l’affamé, avec aux bras mes nombreux sacs contenant des trésors inestimables.

Le soir même, je retrouvai An, et cela va de soi, l’enguelai pour sa sournoiserie. Une bière offerte plus tard, ma foi, j’avais déjà tout oublié. Il paraissait tout triste de ne pas être venu, et j’avais vu tant de merveilles. Après tout, rien de telle qu’une petite bière pour se remettre de ses émotions…

 

 

 

 

PS : ci –joint, une photo d’une partie des merveilles rapportées de Chatuchak, dans mon appartement.

 

 

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Publié dans à Bangkok...

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L
stéphane merci pour te spti commentaires ironiques d'économiste avertis! si t'existais pas marie t'aurait inventé!!!!!!!!!!!!!!!!
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M
ah marie la chance !!! j'adoooooooooooore les marchés moi. en plus si c pas cher ...
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S
Il est assez comique que sur les étales thaïs, on trouve des vétements made in US et que dans les boutiques américaines, ce soit made in china...
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C
Moi je suis un peu partagée entre ma clostro (à mon avis un endroit aussi plein de gens et de choses, ça doit vraiment être l'angoisse!), et tout ce bonheur que tu as trouvé pour 22€! Trop mignon le petit luminaire avec les fleurs :)
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L
Marie je kif ta guirlande : moi aussi j'en veux une comme çaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!<br />  <br />  
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