Mes pseudo sorties culturelles et ma vraie vie people

Publié le par marie blondinette

Travailler à XXX comporte sa dose de petits avantages fort appréciables, dont il serait idiot de ne pas profiter. Certes, Internet est inexplicablement lent, volatile et éphémère. Certes, je me fais littéralement exploitée. Mais voilà, j’ai une boss géniale qui travaille dans le cinéma et qui a plein d’amis dans les autres ambassades. Et ça, c’est INESTIMABLE. Voici à quoi sert le Networking : à être in Da Place culturelle du moment, et tout ça gratuitement, parce qu’on est à XXX évidemment…

 

Ainsi donc, j’eus successivement l’occasion d’assister à un One Man show d’un jongleur halluciné, à un concert de musique classique Italienne par un orchestre gigantesque, et hier soir, à l’ouverture du World Film Festival de Bangkok (la version Arthouse du Bangkok International Film Festival !!!).

 

Petite revue culturelle de Bangkok de ces trois dernières semaines :

 

Adrien M, le jongleur hypnotiseur éclairé

 

Alors que j’apprenais à mieux connaître le SCAC, loti dans les locaux de l’Alliance Française, une question pourtant restait en suspens : à quoi sert donc l’Alliance Française ? A rien répondrait Stéphane, mais ce serait injuste. Non, ils servent à promouvoir le français tout d’abord, en organisant des cours et des examens. Certes. Aussi l’affiche d’une représentation EXCEPTIONNELLE d’Adrien M le mercredi d’après me surprit. Qui est cet Adrien M ? L’Alliance servirait elle aussi à promouvoir la culture française ?

 

En un tour de main, j’achetai un ticket pour le jour J, tarif spécial membre et étudiant, n’étant ni l’un ni l’autre en Thaïlande, mais bon.

 

Et me voici dans l’auditorium de l’Alliance fr. Des sièges inconfortables, instables et rouges sales. Des baffles qui crépitent, larsènent, s’éteignent et se rallument en émettant un long gémissement craintif. L’ambassadeur, dont je n’ai pas aperçu le visage, au premier rang de cette singulière petite salle. Et Adrien M arrive sur scène, dans un grand silence. Seuls les mouvements de son mime, mouvements maniaques, chaotiques, étranges font une sorte de froufrou léger dans le vent. Quelques minutes ensuite, la musique tombe. Inquiétante, détonante et hiératique, alors qu’une femme apparaît derrière les ombres de la scène avec un grand violoncelle à ses pieds. Ce sont des sons, des notes, des chuchotements ou du tonnerre. Une danse macabre et illuminée qui sort des haut-parleurs viellots. Adrien M se met à danser avec ses trois balles de jonglage. Un ballet magnifique et émouvant se met en place, entre mime et lumière, danse et abandon. Puis les projecteurs font apparaître des balles sur un écran placé à l’avant-scène, des craies qui colorient, des faisceaux de lumière. Et tout à coup, nous ne savons plus trop ce qui est vrai, et ce qui n’est qu’artifice. Le voici qui jongle avec 50, 100, 500 balles au dessus de lui. La musique s’emballe, tout s’arrête, Adrien M tombe à terre. Recommence alors, ce ballet délicieux et minutieux, ces petits pas souples et robotiques en même temps, danse contemporaine et véritable expérience, et ces trois balles de jonglage, sans pesanteur, continuation de son bras, de sa main, de sa tête. Un véritable moment magique.

 

Le Concert de musique classique – Festival de danse et de musique de Bangkok

 

Ma première vraie sortie culturelle en dehors de l’ambassade se déroula au Thailand Cultural Center, à la station de métro éponyme. Mais alors que Géraldine, sa cousine et moi nous dirigions vers la sortie du travail, une pluie gelée s’abattit sur nous (oui, encore, ce n’est pas très originale je sais). Le problème, cependant, était que nous n’avions qu’un parapluie pour trois…Nous attendîmes donc 15 bonnes minutes qu’un taxi veuillent bien s’arrêter pour nous conduire (au moins) jusqu’au métro. Mais voilà, quand il pleut, à Bangkok, les taxis disparaissent mystérieusement. Pourquoi ? Comment ? Personne ne le sait. Mais le fourbe taxi driver doit s’en douter : je suis sure qu’à la moindre pluie, il rentre chez lui en vitesse, se mettre sous son lit. Ah les thais !!!

 

Lasses d’être trempées entièrement malgré nous, et de voir nos brushing pour l’occasion fondre comme neige au soleil (qui n’existe pas à BK), nous partîmes à pieds jusqu’au métro. Ce soir là, la princesse royale (la sœur du roi en l’occurrence) assistait au concert, il nous fallait donc absolument arriver avant elle ou les portes se fermeraient devant nos nez…

 

Je ne sais pas comment nous avons fait, voguant sur nos petites tongs de soirée comme des fées funambules, mais nous arrivâmes à l’heure, et surtout, avant la princesse !

 

Et nos places, oh miracle ! Nous étions au premier rang. Cadeau de l’ambassade d’Italie, partenaire du Festival.

 

Merveilleux concert. Un orchestre énorme, éblouissant, splendide. Les chœurs se sont tout d’abord mis à chanter, élevant leurs voix vers les voûtes exquises du théâtre, en harmonie avec les violons, violoncelles et contrebasse. Un petit air de flûte également, de clarinette, de trompette. Puis les ténors prennent place, les chœurs s’en vont. Un à un, voix graves ou claires, chansons heureuses et ténébreuses, jouant et chantant, répondant aux musiciens au rythme des basses et du son aigrelet des violonceaux. Des petits mots italiens s’évanouissent comme des fleurs dans l’air, projeté avec force et émoi vers nos oreilles. Puis enfin, somptueux final, l’apogée instrumental du concert. Plus d’hommes ici, mais des sons, entrechoqués, vivants, subtilement affinés les uns aux autres. Le piano et la harpe ont rejoint la piste. Les cuivres apparaissent en retrait, sur les gradins dans les salles. Le chef d’orchestre gesticule, de plus en plus vite, telle une marionnette sur le point de se détraquer. Il balance un bras frénétique vers les cuivre du fonds, rythme d’un saubresaut le gros tambour du milieu, exécute quelques virvoltes pour les petits et moyens violons, se tourne, si vite ! vers les vents qui s’esclaffent au fond. Tout brûle, tout tremble. Un tonnerre semble jaillir de ces instruments en folie, jusqu’au moment final, où, tout s’apaise, et s’arrête.

 

Et nous d’applaudir si fort car cela fut si beau.

 

Le World Film Festival de Bangkok

 

Pour en terminer avec ma vie people, heu pardon, ma vie culturelle voulais je dire !!!, je suis aussi allée à l’opening du World Film Festival (photo ci-joint, oui oui). D’un pojnt de vue strictement culturel, cette soirée ne présentait pas grand intêret, car le sfilms d’ouverture sont rarement excellents, on se souviendra notamment du Da Vinci Code pour le Festival de Cannes 2006…D’un point de vue people, il était presque certain que cela ne serait pas non plus mon bol de thé. Je ne connais ni célébrités Thai, ni personnalités connues ou reconnues par ici. J’y allais avec Géraldine, sa cousine et son amie Pascale, et c’était pour moi bien suffisant. Non, la véritable raison qui me poussa d’emblée dans les bras de la people class d’un opening de festival était ceci : le cocktail. Souvent délicieux, et bien arrosé, le cocktail prédispose naturellement à la suite des événements. C’est un moment de partage, de bonheur, d’exaltation (en tout cas pour moi !). Malheureusement, le temps de prendre un taxi pour faire 100 mètres (merveilleuse idée des VI, toujours à l’affût du moindre effort), d’aller chercher la cousine devant un magasin que l’on mit des heures à trouver dans les dédales du luxueux Siam Paragon, et enfin, le temps de comprendre que l’ascenseur Sud ne nous mènerait nulle part, qu’il fallait donc repartir et tout retraverser, afin de prendre l’ascenseur Nord, nous arrivâmes bien tard. Bien trop tard pour qu’il reste encore qqc à manger ou à boire. Quelle déception !!! Nous étiosn certes des VIP de classe, mais des VIP affamés et non abeuvrés. Cela ne fait pas grand-chose, ma foi. Ceci dit, au-delà de cette déconvenue, ce fut tout de même une chouette soirée, même si je vous parlerai plus en détail, par la suite de ce que fut vraiment cette horreur de film d’ouverture. Un seul conseil…n’allez pas voir Le Banquet. C’est de la merde !!

 

A

llez, bisous everyone. Le World Film Festival ayant pleinement commencé, et ayant réussi à obtenir un Free Pass, je vous ferai une petite série de critiques véirulentes ou sympathiques pour la prochaine fois. D’ici là, à bientôt, Votre dévouée asiat dans l’âme, Marie

 

Publicité

Publié dans à Bangkok...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Au moins Emi, elle se tapait des spectacles de marionettes indonésiennes...
Répondre