Errance ensoleillée à Lumpini Park un samedi après-midi
En me réveillant péniblement vers 13H30 samedi matin, j’aperçus à ma fenêtre un grand soleil. Comme tous les WE, après ma grasse matinée et ma douche stimulante, je sors rapidement prendre mon déjeuner dans une petite cantine de rue, conviviale comme tout, qui se situe juste derrière mon immeuble. Une petite cantine de rue quasi invisible elle aussi, avec des tables bleues foncées, genre Bleu Klein, exclusivement Thai, et au demeurant l’une des meilleures adresses de ma soi. Comme à mon habitude, car les habitudes nous rattrapent si vite, même au bout du monde, je parcours lentement les quelques étales de plats fumants et épicés qui me sont proposés. Ce jour-là, je me décide pour une soupe : porc, petits légumes, et grosses pâtes blanches. Scrupuleusement, j’ajoute les assaisonnements de rigueur : sucre, piment, sauce chili et sauce au piment. Et je goûte. Ca m’arrache la bouche, bien entendu. Mais j’aime ça. C’est bon, c’est goûtu, subtile, enivrant. Un parfum d’exotisme. Suite à cela, je repars chez moi prendre un café au soleil, sur mon balcon, grâce à ma super bouilloire pour petite fille. Je me sens revivre. Mon sac sur une épaule, je pars en courant. Qu’il fait beau aujourd’hui ! Mes pas me guident vers Chit Lom, le quartier le plus chic de Bangkok. Des tours majestueuses, splendides de modernité dans lesquels se trouvent les plus grands hôtels, des erstaz de Galeries Lafayettes, et des restaurants hauts de gamme, italien, français, japonais et autres ! Une bulle de richesse, éclatante, qui nous englobe et nous tombe dessus, et les lumières de la ville que l’on aperçoit du 18ème étage, à travers les baies vitrées de ces étonnants Serviced Apartments de luxe. Au-delà de ces rues où ne circulent que taxis et voitures de sport, repose tranquillement le Lumpini Park, à l’abri du bruit, des voitures et des pots d’échappement. Le Lumpini est un grand parc vert fluo, au centre duquel trône un lac entouré de palmiers-pleureurs. De petits arbres ponctuent le paysage, sorte de grands bansai avec une crête toute applatie, étranges, irsutes. Il règne un calme incroyable à travers les allées du parc. On entend bien au loin le bruit mécanique des pédalos, mais le monde semble s’être arrêté ici. Les bruits de la ville ont laissé place au souffle du vent dans les palmiers-saules pleureurs. Et aux cris des petits chats, gris, tigrés, blanc et noir, ou blanc crème. Pleins de petits chats coquins qui miaulent à vous briser le cœur, et qui, l’instant où vous déposez de petites croquettes à leur pattes, semblent bouder votre offrande, bien peu convaincus… Il y a des couples amoureux, des garçons qui jouent de la guitare, des familles qui pic niquent. Une dame passe soudainement en vélo et crit qqc en Thai, que je ne comprends pas. Puis à mon attention : « Water ? Water ? » Ca y est, la voici déjà repartie, filant sur son mobile de course, ses bouteilles d’eau soigneusement posées au creux de son panier. Et tout à coup, en me dirigeant vers la fin du parc, j’entends une musique : sorte de dance pop Thai ? D’où cela peut il venir ? Pleine de curiosité, je me dirige en hâte vers l’entrée du parc. Et là, surprise ! J’aperçois une grande séance de dance-gym-stretching en plein air (ou qqc comme ça, je sais pas trop…), avec la prof sur une estrade gigantesque, derrière des grosses baffles crachant cette affreuse pop rythmique, gesticulant à droite, à gauche, et hop je lève la main, et l’autre ! Et hop sur un pied, sur l’autre … et on repart. Je tourne et Un, Deux, on lève la jambe et hop ! Totalement épuisée par ce que je venais de voir, je décide de continuer ma route, et de longer la charmante (mais bruyante) Silom Road. Tout comme Sukhumvit, Silom dispose de nombreux atouts. Marchands ambulants de nourritures de toute sorte, petits marchés le long de la rue, des lumières partout, des gens partout. Tout ce que j’aime donc. Je m’arrête donc pour prendre mon goûter (a special treat disent les US, drôle non ?), qui se composa de riz et poulet cuisinés au wok, avec sa multitudes de petits ingrédients que seuls les Thaïs peuvent énumérer. Et puis…bon, j’ai acheté une jupe blanche (oui, mais…c’est pas cher, voilà tout !), et j’ai marché, marché, marché très longtemps encore, dans ces rues-dédales, mon nouveau chez moi. Tout cela pour finalement terminer la soirée chez Julien, en compagnie de sa petite assistante Thaï qui s’appelle Ice (marrant, non ? Et la copine de Julien s’appelle Toy !!!) dont la maman nous avait fait à manger un délicieux Tom Kha Kai (à croire que c’est bien le seul plat que nous aimions, nous pauvres touristes à l’estomac si sensible, mais bon !). Trépidante journée, douce et agréable soirée. Je n’ai pas long feu. Il faut dire que la veille, nous avions vu débarquer des « bar-girls » dans la guest house de Nai sur les coups de 2 heures du mat, ramenées par de stupides petits Irlandais immatures et puériles, et que cela avait été très intense en émotion ! (surtout pour Nai qui était totalement ulcérée…) ;-)