Loy Khratong, les rivières illuminées

Publié le par marie blondinette

Il ne faisait ni trop chaud, ni trop frais, en ce soir de Loy Khratong. Cette soirée me réjouissait d’avance. Je m’étais faite belle pour l’occasion, avec une petite jupe et mon nouveau corset blanc, assorti de ma super nouvelle ceinture-fleurs. Vers 18h donc, je me rendis à l’épicerie de mes amis Thais, et le trajet me prit bien 3 minutes.

 

 

Devant le mini supermarket, s’étendait une grande table rouge, et deux plus petites tables derrière, contre la clôture de l’élégant building « First Tower ». Derrière la table des convives, une nappe colorée était posée à terre, et les femmes de la famille s’activaient autour d’elle à même le sol, à découper, écraser, ciseler les ingrédients, préparer les plats, faire bouillir la soupe. De l’autre côté du supermarket, An et Tam tentaient de faire fonctionner l’énorme haut parleur, relié directement à l’ordinateur de Tam. Sur le canal (le klong), le petit embarcadère avait été décoré d’une grande guirlande lumineuse, lui donnait un air de sapin de noël estival et incongru, alors qu’en face, une vielle femme confectionnait les bougies de Loy Khratong : elles sont en réalité constitué d’un socle dur en forme de Lotus, sur lequel sont plantées des fleurs jaunes et des orchidées violettes, ainsi que des roses quelques fois. Au milieu de cette couronne de fleurs, on ajoute une bougie et trois brins d’encens, porte ouverte vers le ciel, vers les Dieux, vers Buddha. Et le soir venu, la tradition veut que l’on dépose notre bougie –fleur sur la rivière, après avoir fait une prière. La petite bougie sera ensuite emportée par le courant, dérivant doucement au gré des vaguelettes du canal. Et la prière sera exaucée, c’est au moins ce qu’on espère !

Alors que je m’installai tranquillement sur une chaise en plastique un peu branlante, avec un verre de Thai whisky, les convives commencèrent à arriver. Un air Thai résonnait derrière moi, chantant « Loy Kratong, oh Loy kratong ! », tellement kitch. Sur la table, des mets plein de saveur tentaient mes papilles insatiables: pork soup, moules à la sauce piquante, poissons à l’ail et aux herbes, salade de crevettes roses, canard laqué…J’apporte les plats, je danse en même temps, d’un pied sur l’autre, je casse ma chaussure par la même occasion, tant pis !

Les enfants courent autour de nous. Nous achetons des feux d’artifice, et des pétards, des claque doigts, des serpentins. Et la fête commence : Thai whisky et bière, une bouchée par ci, par là, les enfants m’entraînent, ils hurlent « Malie Malie !!! ». Ils me font tournoyer sur l’estrade, m’envoient lancer des pétards, me donnent des claque doigts et veulent des photos, plein de photos. Je crois que mon appareil les a complètement hypnotisé…Un milliard de photos plus tard, nous retournons à table, un karaoké est installé. Des chansons Thais percent l’air, enlevées et tristes, nous dansons, rions, chantons (moi sans les paroles evidemment). An est un peu bourré, il me sourit stupidement.

Et tout à coup, Tam revient. Où étais tu ? Avec une fille. Oh, oh ! Et il me raconte. Il est allé passer Loy Kratong avec une fille dont il est très amoureux, depuis longtemps. Alors il lui a offert une bague en or ce soir là. Parce qu’il l’aime. Mais voilà, la fille est restée silencieuse. Puis elle lui a dit de ne pas trop espérer, elle ne savait pas. Que l’amour est beau lorsqu’il est si désespéré ! Pauvre Tam. Mais après tout, nous ne savons pas. Tout peut encore s’arranger. Et toutes les filles du monde rêve qu’un jour, on leur offre une bague en or. En tout cas, moi, j’ai trouvé ça très romantique, et très beau. Très naïf aussi, mais c’est peut être ça qui est beau en fin de compte. Lorsqu’on est assez amoureux pour croire que tout est possible. Et lorsque l’amour ne vous laisse de toute façon pas d’autre choix.

Au final, j’ai déposé ma bougie, avec An. Nous avons fait un vœu en commun, un vœu tout simple, tout banal. Mais de ceux qui doivent absolument se réaliser, sans compromis possible.

Espérons que les Dieux m’auront écoutée.

Et ma bougie se laissa entraînée par les flots, petite lumière vacillante dans l’obscurité du canal, au loin, très loin.

ps : des photos dans l'album Bangkok de la soirée...

 

Publicité

Publié dans à Bangkok...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Les enfants thaïs sont trop choupinesques... Et toi aussi mélgré ton faux joint...<br /> Au passage, je te rappelle que tu n'aimes pas l'or (sauf l'or blanc)...
Répondre
F
Loï Krathong est la Fête des lumières, à la pleine lune de novembre.Elle vient de Sukothaï, 1ère capitale siamoise au XIIIe siècle. Elle est toujours fêtée dans les ruines de cette ville avec feux d'artifice, son et lumière, danseuses traditionnelles et les fameux krathongs, petits bateaux en feuille de bananier qu'on dépose illuminés sur les bassins. Bon pour les touristes !La tienne est plus authentique, familiale, amicale, comme elle se pratique un peu partout entre thaïs.  Ils ont bien raison de fire la fête et toi avec !!! Bons voeux  à tous !
Répondre
M
Bon, je dois dire ves, qu'à part l'histoire des bougies et l'anniversaire du cousin de Tam pour la même occasion, je n'en sais pas beaucoup plus..honte à moi ! mais je me renseignerai, et d'ailleurs, c bizarre qu'on ne m'ai pas expliqué. mais c toujours comme ca en thailande. Ils te disent qu'ils ont unnjour férié, mais personne ne te dit jamais pourquoi....<br /> (et le joint est un papier bien évidemment célia...que vas tu imaginer !)
Répondre
C
Ca a vraiment l'air magique comme fête... Et puis un voeu c'est toujours bon à prendre (hum, je pense connaître le voeu de Tam... le pauvre!)<br /> Sinon je voulais faire un commentaire sur l'album photo : QU'EST CE QUE C'EST QUE CE JOINT ENORME MARIE! T'AS PAS HONTE!!!<br /> Gros bisous :)
Répondre
L
que ton voeu se réalise petite marie...c'est une jolie fête/tradition, mais peux tu m'en expliquer mieux le pourquoi du comment, juste pour rappel? hihi<br /> bisou bisou
Répondre