Mon nouveau quartier et ses surprises
Cependant, c’est un appart merveilleux. Très grand, assez lumineux, avec un grand lit tout dur mon petit dos, des tonnes de meubles de rangements au cas où je souhaiterai rester toute ma vie, un grand living room en deux parties : 1 partie salon avec un pseudo faux canap, et 1 partie dining room parce que c’est trop la classe. Il y a même une cuisine (bon, et une salle de bain aussi, avec de l’eau passablement chaude !), un réfrigérateur et une cuisinière, mais je n’ai pas encore réussi à déterminer si elle fonctionnait ou pas. J’ose pas trop tenter l’achat d’une bonbonne de gaz…tout ça me parait très dépassé comme source d’énergie et passablement dangereux pour une boulette comme moi !
En quittant mon ancien quartier 100% thai pour un quartier nettement plus Farang (ce qui signifie étranger), je me doutais bien qu’il m’arriverait d’autres aventures encore. A la demande de Vesna, je vais commencer par vous décrire un peu mon nouvel appart qui déchire sa race qui tue. Certes, l’immeuble est ancien et moche. Certes, les meubles sont en pur toc, tout fragiles et vétustes, sorte de sous sous gamme de ce que l’on peut trouver à Conforama. Et certes, il n’y a ni drap, ni oreiller (d’ailleurs il faut absolument que j’en trouve un, c’est plus possible), ni vaisselle quelconque, ni rien. Bon, mais en payant un prix aussi bas, hein ! on ne peut guère s’en étonner…
Il y a un balcon aussi, qui donne sur le toit d’une petite maisonnette en face, et sur la façade d’un gros immeuble pas beau. Mais il y a aussi un peu de verdure dans le jardin de la maisonnette en question, la vue est dc tout à fait typique du paysage tout en contraste de BK : entre béton moderne et tuiles traditionnelles, le tout agrémenté de quelques plantes géantes…
Bon, tout ça est fort passionnant, hein, mais il faut que je vous raconte mes premières aventures…Le jour qui suivit mon emménagement, je décidai de prendre ma vie en main. J’envoyai un mail à un mec que j’avais connu le premier jour par Géraldine (ma boss), et avec qui j’avais pas mal sympathisé lors d’un dej à leur frais (Dieu merci pour mes finances…). C’est un français producteur à Los Angeles, qui a fait l’Essec puis UCLA visiblement, vous pensez donc que j’étais d’emblée intéressée. Non, pour de vrai, sa compagnie est réellement très agréable, voilà tout, qu’imaginez vous là ?
Bref. J’envois mon mail, suite au sien. Il m’appelle, RDV fixé, 21H devant Central Chit Lom (en plein cœur d’un quartier archi luxe, argggggg). Pleine d’un nouvel enthousiasme pour ma nouvelle vie, je me mis à rentrer gaiement chez moi. Et là, des tonnes d’eau s’abattent alors, sans préavis. Bon, j’avoue que depuis qq jours, à chaque fois que j’esquisse un pas hors du boulot, aux environs de 18H, il se met à pleuvoir. C’est ainsi lors de la saison des pluies, et dire que je n’ai toujours pas acheté un parapluie…je suis vraiment super maligne !
J’entre donc dans un petit restaurant dans ma rue, complètement trempée, en clopinant dangereusement sur mes petites tongues Thai qui glissent sur le sol comme des patins à glasse, et surtout, qui ne semblent plus vouloir adhérer à mes pieds quand elles sont mouillées…Hum ! Que du bonheur. Dans ce resto un peu plus chicos qu’une cantine de rue, mais pas cher quand meme, j’y rencontre 2 américains qui vivent ici depuis des années. Petite discut à propos de la pluie et hop, je suis invitée à leur table. Des mecs vraiment trop gentils ! Ils me conseillent sur les plats, m’expliquent les mots thai et tout. Je prends leur business card, et je pars en direction de chez moi au bout ed la soi. Et là, alors qu’il est déjà 20H30, que j’ai RDV à 21H et que je ne ressemble plus à rien, je m’aperçois que toute ma rue est sous l’eau ! Non, sans déconner, quelques 10 centimètres d’eau trônent au centre de la soi, et impossible de traverser…Je sus d’emblée que je n’arriverai pas à l’heure à mon RDV si je tentai de ramper jusqu’à chez moi (oui, les tongs mouillées qui glissent, ca ralentit considérablement, croyez moi, alors quand il s’agit de sautiller sur des bouts de trottoirs inexistants tout en soulevant sa robe pour éviter la cata, c’est même plus envisageable…).
Ce n’est pas grave, je fais demi-tour direction le sky train que j’attrape comme une reine (mouillée), et j’arrive sans pb à l’heure. En sueur, pleine de crasse, mais à l’heure. La soirée avec Julien le producteur fut très sympa, on a bien discuté et tout, et j’espère bien le revoir. Mais en tout cas, j’ai compris une chose, la pluie en Asie, c’est pas de la camelotte. Je ne sais pas comment j’ai pu un instant pensé que j’allais revenir bronzée, parce qu’avec cette pluie incessante, et ce ciel gris en continu, la mousson est une bien triste saison climatique !
Bon, bisous à vous tous…et ne soyez pas jaloux, chez moi aussi il fait gris…